Lacrimosa

Présentation de l'éditeur :
«Vous étiez dans les bras de votre mère. Vierge à l'Enfant, Pietà, mais en guise de crucifié c'était seulement une jeune femme qui s'était pendue. Quand leurs filles meurent, les femmes en redeviennent grosses jusqu'à la fin de leur vie. Leur ventre est beaucoup plus lourd que la première fois.»
Première page :
"Chère Charlotte, Vous êtes morte sur un coup de tête d'une longue maladie. Le suicide a déferlé dans votre cerveau comme une marée noire, et vous vous êtes pendue. Vous habitiez Paris depuis quatorze ans, mais le 7 juin 2007 vous avez pris le TGV pour Marseille. Comme si l'espèce humaine avait une mémoire d'éléphant, et qu'elle revienne parfois creuser sa tombe près du lieu où elle s'était frayée un chemin autrefois pour quitter l'utérus de sa mère et débarquer dans l'existence. Vos parents sont venus vous chercher à la gare Saint-Charles. Vous portiez une robe bleue et vous avez éteint votre portable qui s'était mis à sonner tandis que votre père vous embrassait. Un père bronzé, quinquagénaire refusant de se teindre, et catastrophé pourtant de ne plus allumer la moindre flamme dans les yeux des jeunes filles marchants cruelles dans les rues en effaçant de leur champ de vision les hommes qui comme un béret de flanelle d'un autre âge, portent leurs cheveux gris comme des malpropres. [...]"
Livre un peu déroutant dans les premières pages et puis, au fil des pages une atmosphère profonde s'installe et le livre devient un hommage pudique à une femme disparue (mais bien présente)
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