Fuck America

Fuck America - de Edgar Hilsenfath - éditions Attila
Traduction de Jorg Stickan
Présentation de l'éditeur :
1952 : dans une cafétéria juive de Broadway, Jakob Bronsky, tout juste débarqué aux Etats-Unis, écrit son roman sur son expérience du ghetto pendant la guerre : Le Branleur ! Au milieu des clodos, des putes, des maquereaux et d'autres paumés, il survit comme il peut, accumulant les jobs miteux, fantasmant sur le cul de la secrétaire de son futur éditeur, M Doublecrum. Dans la lignée de Fante, Roth et Bukowski, Fuck America est un témoignage étourdissant sur l'écrivain immigré crève-la-faim.
Extrait :
"LE DONALD'S PUB À TIMES SQUARE TOURNE À PLEIN. Surtout les toilettes pour hommes. À côté de moi se tient un noir gigantesque — foulard rouge autour du cou, chapeau mou blanc — urinant contre le mur carrelé avec un jet puissant.
« Dis-donc, petit. Pourquoi tu mates ma queue noire ? » « Je ne la mate pas. » « Si, tu la mates. » « Je ne la mate pas. » « Si, tu la mates. »
« Tu veux la sucer un peu ? »
« Non. »
« Pourquoi non ? »
« Parce que non. »
« Attention, petit. Si tu veux pas la sucer, la mate pas, pigé ? »
« Je la mate pas. » « Si, tu la mates. » « Je la mate pas. »
« Écoute, petit. Pour trois balles, tu peux la sucer. Alors, ça te dit ? »
« Rien du tout. »
« T'as bien trois balles dans la poche ? »
« Non. »
« Je parie que ça fait pas longtemps que t'es là. »
« Exact. »
« Tu viens d'où ? »
« D'Europe. »
« J'ai vu ça tout de suite. »
« Comment ça ? »
« À ta braguette. »
« Qu'est-ce qu'elle a, ma braguette ? »
« Y a pas de zip. Que des boutons. »
« T'as quelque chose contre les boutons ? »
« Ben non. »
« Ben voilà. »"
Mon avis :Un roman (plus ou moins autobiographique) complètement fou où l'humour (noir, souvent), la fantaisie, le réalisme, l'horreur (parfois) se mélangent agréablement.
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