La liseuse

Présentation de l'éditeur :
La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse. Il la regarde, il la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est comme si son cœur se fendait en deux.
Première page :
"Longtemps j’ai croisé les pieds dessus pour un peu de détente, d’élévation, pour un peu plus de sang au cerveau, maintenant, il m’arrive de plus en plus souvent d’y poser la tête, surtout le soir, surtout le vendredi soir. Je croise les bras sur le manuscrit ouvert et je pose ma tête dessus, le front sur l’avant-bras et la joue sur le texte frais. Le bois du bureau amplifie les battements de mon cœur. Le vieux mobilier Art déco conduit bien les émotions et les fatigues. Ruhlman? Leleu? Il en a tant vu. J’écoute mon cœur, mon vieux cœur du vendredi, mon vieux cœur dans le silence de la maison. À cette heure, tout le monde est parti, je reste seul à bord, rincé, parce que je n’ai pas le courage de dresser la tour des manuscrits que je dois emporter pour le week-end. Comme chaque vendredi."
Ce que j'en pense :
Un livre à l'écriture fluide, pleine d'humour (clins d'oeil à l'Oulipo), sur la lecture, sur le livre et ses supports. Pas de bataille entre les anciens et les modernes mais une exploration du plaisir de la lecture sous toutes ses formes. Il y a des passages excellents (par exemple la dégustation de l'artichaut) mais d'autres qui semblent assez formels.
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