La promesse

Présentation de l'éditeur :
Naviguer sur un lac peut réserver des émotions tellement particulières qu'il est impossible de les partager avec qui que ce soit. D'habitude, Fedia emmène son fils avec lui, mais cette fois non. Et pourtant, Fedia ne cessera de penser à lui. Aux paroles qu'il va devoir trouver pour lui dire ses intentions, ce qu'il était parti faire sur l'eau ce jour-là. Dans le fond de sa poche, une petite boîte en carton fermée par un élastique. Le chagrin est dépassé, du moins le croit-il. La nuit s'avance, la rivière a remplacé le lac, et Fedia continue de frapper avec ses avirons la surface baignée de lune. Il était une fois deux âmes en perdition. Deux jeunes matelots qui s'étaient fait une promesse.
La première page :
Le ciel et l'eau du lac de retenue étaient noirs, et la forêt derrière lui et la coque du bateau étaient noires aussi, et rien ne bougeait. Pas même les joncs et les épis légers des roseaux de chaque côté du ponton. Fedia regarda en l'air, la voûte et les étoiles et la lune, puis loin devant, vers l'autre rive du lac, et ensuite il regarda au-delà, vers les crêtes, et, derrière les crêtes, il vit l'aube qui arrivait, très mince et claire. Et il pensa que ça aurait tout aussi bien pu être le crépuscule qu'il voyait, à peu de chose près. À sa droite, le barrage, le pont et les bâtiments étaient trop loin et trop sombres pour qu'il puisse les distinguer de l'eau et du ciel. Il s'avança et s'accroupit au bord du ponton, juste au-dessus du bateau. Il pensa que c'était parfait, mais sans le ressentir complètement, et il attendit plusieurs minutes ainsi, accroupi et plutôt paisible, en regardant l'aube tapie derrière les crêtes.
Mon avis :
Du très bon Mingarelli.
Mingarelli excelle dans l'écriture du silence, de l'intériorité. Il sait nous décrire des personnages remplis d'humanité et de tendresse qui voguent au rythme d'une nature également bien présente.
![]()
__________