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Pike

Publié le par GéHa

Pike

"Pike" de Benjamin Whitmer
traduction Jacques Mailhos - éditions Gallmeister

Présentation de l'éditeur :

Douglas Pike n'est plus l'effroyable truand d'autrefois, mais il a beau s'être rangé, il n'en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale proche de Cincinnati, dans les Appalaches, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory, qui l'aide à combattre ses démons du mieux qu'il peut. Lorsque sa fille Sarah, disparue de longue date, meurt d'une overdose, Pike se retrouve chargé de sa petite-fille de douze ans. Mais tandis que Pike et la gamine commencent à s'apprivoiser, un flic brutal et véreux, Derrick Krieger, manifeste un intérêt malsain pour la fillette. Pour en apprendre davantage sur la mort de Sarah, Pike, Rory et Derrick devront jouer à armes égales dans un univers sauvage, entre squats de junkies et relais routiers des mauvais quartiers de Cincinnati.

Première page :

Le bras gauche du gosse saille en biais de la neige sale comme une branche de bois noir cassée. Derrick tâte le corps de la pointe de sa botte de cow-boy. Aucun mouvement. Il rengaine son Colt 911 et balaye la ruelle du regard. Les anciens bâtiments industriels en brique rouge le dominent de trop haut; un antique escalier de secours se décolle et pend d'une façade, menaçant d'entraîner le mur délabré dans sa chute. Droit devant, la ruelle s'achève en cul-de-sac sur un chenil grillagé abritant deux pit-bulls entraînés à déchiqueter le corps des flics blancs. Derrick tourne les talons et repart vers la Grand-rue de Cincinnati. Stase du matin, bottes qui crissent sur la neige dure au rythme du cœur qui bat, froid et métronomique, sous sa cage thoracique.

 Pas le moindre putain de doute : le gosse avait senti le coup venir. C'était forcé, vu comme il l'avait jouée cool jusqu'au moment où il avait surpris Derrick, visage penché sur une cigarette rougeoyante, pour faire alors volte-face et filer par la porte de la cuisine en ne lui laissant voir qu'une traînée afro floue et le dessous de ses talons. Le temps que Derrick sorte son .45 de son holster, le gosse avait déjà dix mètres d'avance et cavalait pour sauver sa peau.

 Puis il avait continué à bien jouer le coup sur les deux premiers blocs. Il s'était tenu à l'écart des petites rues latérales et avait rameuté tout le quartier. Et tous les autochtones ne dormaient pas; assis sur leurs perrons décatis, quelques-uns d'entre eux suivaient la scène de leurs yeux rougis par la bière....

Ce que j'en pense :

Roman noir où tout est très noir : paysage, neige, personnages, humour... Les descriptions de scènes violentes sont sèches et froides, les dialogues sont courts et percutants. L'auteur réussit malgré tout à nous faire aimer la plupart de ses personnages. Il joue beaucoup avec les métaphores, souvent de façon originale.

  

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