Les visages

Présentation de l'éditeur :
Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession. C'est le début d'une spirale infernale à l'intensité dramatique et au coup de théâtre final dignes des plus grands thrillers. Bien loin des polars calibrés habituels, Jesse Kellerman, styliste hors pair, nous offre ici un roman d'une indéniable qualité littéraire qui, doublée d'une intrigue machiavélique, place d'emblée le livre au niveau des plus grandes réussites du genre, tels Mystic River, de Dennis Lehane, ou L'Analyste, de John Katzenbach.
Première page :
"Au début, je me suis mal comporté. Je ne vais pas vous mentir, alors autant jouer cartes sur table dès maintenant : si j'aimerais croire que je me suis racheté par la suite, il ne fait aucun doute que mes intentions, du moins au début, ont manqué quelque peu de noblesse. Et encore, c'est un euphémisme. Alors puisqu'il faut être honnête, soyons honnête : j'étais motivé par l'appât du gain et surtout par le narcissisme ; un sentiment de toute-puissance profondément enraciné dans mes gènes et dont je semble incapable de me débarrasser, bien qu'il me fasse parfois honte. Déformation professionnelle, j'imagine, mais aussi une des raisons qui m'ont poussé à tourner la page. « Connais-toi toi-même. »
Et merde. Je m'étais promis de faire un effort pour ne pas parler comme un sale con prétentieux. Il faut que je fasse plus roman noir ; en tout cas j'aimerais bien. Mais je ne crois pas que ce soit mon truc. D'écrire par petites phrases hachées. D'employer des métaphores graveleuses pour décrire des blondes sensuelles (mon héroïne est brune, pas spécialement du genre sensuel ; elle n'a pas les cheveux noir de jais lâchés en une crinière dégoulinante ; ils sont châtain clair et la plupart du temps pragmatique-ment attachés en arrière - des queues-de-cheval soignées ou des chignons improvisés - ou bien juste coincés derrière les oreilles). Je n'y arrive pas, alors pourquoi me forcer ?"
Ce que j'en pense :
Ce livre n'a rien à voir avec un thriller, comme il est annoncé sur la couverture. Ce n'est pas non plus un roman noir et à peine un roman policier. L'intrigue, qui se passe dans un milieu original (le monde des galeries d'art), est à la fois recherche d'un criminel et chronique familiale (avec ses secrets...). Les personnages ont de l'épaisseur.
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