Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

contre

Moi, j'attends de voir passer un pingouin

Publié le par GéHa

Moi, j'attends de voir passer un pingouin

"Moi, j'attends de voir passer un pingouin" de Geneviève Brisac
Alma éditeur

Présentation de l'éditeur :

Au début, il y a les animaux. Comme dans la chanson du film de Kubrick, 2001 odyssée de l’espace qui compte tant pour Geneviève Brisac, une chanson du Déluge et de l’Arche : the animals went into by to, ah ah ! 

C’est eux qui ont fait naître son désir d’écrire ce roman sur la révolte. Comment, que l’on soit bête ou homme, s’arme-t-on contre l’idiotie, les pouvoirs, la cruauté, la violence ?
Voilà donc, par ordre d’apparition : Céleste, la femme de ménage qui veut un aspirateur, un peu de raison dans la maison et envoyer l’auteure à la campagne ; une pie qui volète un peu seule sur le balcon ; Nelson le fils rebelle qui ne peut pas saquer Colette et recueille le rat de laboratoire frileux de son ami Jean-Pierre installé à demeure devant l’Hippopotamus. A qui et à quoi s’ajoutent des tas d’autres personnages, hommes ou bestioles, familiers ou légendaires. Tout un monde de liberté à conquérir, d’ourlets défaits, de buffles qui pleurent, de chats aveugles, de filles cruelles et inconscientes. Toute une arche de Noé, urbaine, contemporaine, joyeuse, courageuse, décidée à habiter notre humaine condition envers et contre les saboteurs de tous poils.

Première page :

"J'articule ces syllabes, je les prononce à voix haute. Comme disait Jean Paulhan, à qui j'ai volé cette phrase que je répète après lui - et c'était loin d'être un trouillard, ce n'était pas du tout un lâche, non : dès 1941, il fut un résistant du musée de l'Homme, un combattant de l'ombre : la vie est pleine de choses redoutables, et j'entends son ironie, je devine son sourire narquois.

À l'instant où j'écris ces mots, tentée de coller mes mains sur mes oreilles, (mais ce n'est pas pratique pour écrire), de me protéger des rumeurs du monde, essoufflée d'avance, comme nous le sommes tous devant les montagnes de paperasses, d'ennuis, d'obligations, qui se profilent dès que j'essaie de penser, une pie se pose sur le balcon. Je sursaute.

La pie n'a pas une excellente réputation.

— C'est sympa ce gros oiseau en smoking, dit Céleste, qui passe derrière moi."

Ce que j'en pense :

 13 petits textes légers, pleins d'humour et d'émotion, à l'écriture lumineuse et qui parlent de révolte (entre autre contre la bêtise) et surtout de fragilité.

  

__________

Voir les commentaires

Colère du présent

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Colère du présent" Jean Bernard Pouy
Baleine

Présentation de l'éditeur : 

Tous les 1er Mai, la bonne ville d’Arras se remplit de tout qui est contre et anti. Contre l’horreur sociale et les manquements divers à une morale élémentaire, et anti travail obligatoire. Depuis le temps, ça aurait dû porter ses fruits vénéneux et semer une zizanie durable dans le train train hexagonal conduit par un pouvoir, qui, lui, fonce toujours, tête baissée, dans le mur de la honte.
Alors, cette année-là, tous ceux qui fêtent, en ce jour, la solidarité avec les délaissés, les démunis, les punis, les esclaves, ont décidé de se rebeller et de grimper une marche supplémentaire sur l’escalier de la contestation. Ils vont bloquer la ville et se préparer à subir un siège, un vrai. Jusqu’au bout. En face, on prend tellement ça au sérieux qu’on envoie qui ? L’armée, bien sûr, bien connue pour son doigté.

Première page : 

"Une file ininterrompue de véhicules, un vrai anaconda métallique, s'étire sous un ciel gris et bas, le genre de plafond gazeux auquel les canaux se pendent sans ne rien regretter de cette putain de vie où la frite remplace Montaigne. 

Voitures en surchauffe, en panne. 

Camionnettes fumantes, en rideau. 

Des chargements, installés à la va-vite sur les galeries, écroulés sur la route. 

Un vide-grenier dément et improvisé. 

La défaite permanente de la sangle et du sandow. 

Des conducteurs, échevelés du tee-shirt de marque, s'engueulent avec un bel entrain. Certains, dans l'occasion, inventent même des mots inconnus."

Ce que j'en pense : 

Roman agréable à lire, vite lu. Le sujet est intéressant; on retrouve l'humour et la satire mais cela aurait mérité un peu plus de profondeur. C'est du "Pouy" mais pas le meilleur. 

 

__________ 

Voir les commentaires