Les enfants du massacre

Présentation de l'éditeur :
Duca Lamberti, ancien médecin devenu détective privé, est chargé dans ce troisième volet de la tétralogie que Giorgio Scerbanenco lui a consacré d’une affaire criminelle sordide : une jeune enseignante a été torturée, violée puis assassinée dans sa salle de classe par ses propres élèves, une brochette de délinquants de treize à vingt ans inscrits à ses cours du soirs par l’assistance sociale. Duca doit donc se confronter avec non pas un suspect, mais onze, qui tous observent la même ligne de défense, aussi absurde qu’imparable : ils reconnaissent individuellement avoir été présents au moment des faits, mais chacun affirme qu’il n’a rien vu, que les autres l’avaient forcé à boire, qu’il était ivre, endormi ou trop terrorisé pour faire quoi que ce soit. Face à ce mur, d’autant plus exaspérant qu’à l’évidence tout est faux, Duca cherche un détail qui lui permette de comprendre qui a bien pu planifier tout ça. Car il n’est pas dupe : ce ne sont pas des gamins complètement déstructurés qui ont pu mettre au point si minutieusement une telle tactique…
Première page :
"« Elle est morte il y a cinq minutes », dit la sœur.
Sans dire un mot, Duca Lamberti regarda par-dessus l'épaule de la religieuse, vers le visage rude et tourmenté de Mascaranti.
« Vous voulez la voir quand même ? » demanda la sœur. Elle savait que les policiers étaient venus interroger l'institutrice, mais interroger une morte lui semblait difficile.
« Oui », dit Duca.
On avait déjà repoussé les couvertures et elle gisait dans une combinaison jaune, démodée et pathétique, la peau à peine figée par la mort, le visage déformé par une grimace de souffrance et un hématome sous l'œil droit, l'harmonie du front abîmée elle aussi par la grosse touffe de cheveux qu'on lui avait bestialement arrachée, provoquant une calvitie tragi-comique autant qu'étrange, et tout le thorax gonflé, arrondi par le plâtre exécuté en hâte pour tenter de réparer sommairement toutes ces côtes brisées, et il y en avait beaucoup, peut-être toutes, le chirurgien n'avait même pas eu le temps d'en faire le décompte."
Ce que j'en pense :
Ce livre écrit il y a 40 ans n'est en rien daté (sauf peut être sur l'homosexualité). C'est un livre sombre, presque désespéré où le policier Duca Lamberti se pose (et nous pose) beaucoup de questions : a-t-on droit à une seconde chance ? Peut-on échapper à la reproduction des schémas familiaux? Y a-t-il d'autre choix que la violence pour ces enfants? ... Une écriture précise, tranchante (en particulier lors des interrogatoires), une intrigue minutieuse et implacable, font de ce roman un excellent polar italien.
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