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1962

Le camion

Publié le par GéHa

Le camion

"Le camion" de Per Wahlöö
traduction Philippe Bouquet - Rivages/Noir

Présentation de l'éditeur :

Espagne, début des années 1960. Willi Möhr, un jeune peintre marginal, a fui l’Allemagne de l’Est pour s’installer dans un village de pêcheurs où il cohabite avec un couple d’artistes scandinaves. Möhr est tiré de sa torpeur et de sa passivité morale le jour où ils disparaissent, pendant une partie de pêche. Il est persuadé qu’ils ont été assassinés. Mais dans cet univers étouffant, où les rapports humains ont été subtilement corrompus par la dictature de Franco, on ne parle guère et la police veille.

Première page :

 "Willi Mohr fut arrêté le 7 octobre vers 2 heures de l'après-midi, au milieu de la sieste.

 Il vivait seul dans une maison de deux étages en mauvais état du Barrio Son Jofre, dans la partie sud de la ville, qui était aussi la plus ancienne et celle située le plus en hauteur.

 L'homme qui vint l'interpeller était un garde civil d'âge mûr au visage somnolent, aux traits marqués et à la moustache grise coupée court. Il portait sa carabine en bandoulière et était venu à pied du cantonnement, à une certaine distance de là. À son arrivée dans la petite ruelle pavée qui montait en serpentant vers le Barrio, il observa une pause pour reprendre son souffle. Il n'était pas pressé.

Cinq minutes avant, Willi Mohr savait déjà que quelqu'un était en route vers son domicile. Il était couché sur le dos dans la pénombre, les mains jointes derrière la nuque, et regardait le plafond sans penser à quoi que ce soit en particulier. Il perçut un léger frottement et tourna la tête. Il vit alors le chat pénétrer par la chatière et pro­jeter une petite ombre oblique sur le losange de soleil qui éclairait le sol. Comme il passait directement de l'ombre au soleil, ses pupilles se dilatèrent au point de dévorer presque entièrement ses iris vert clair et de prendre une forme totalement circulaire. L'animal ne s'enfonça pas dans la pièce et s'arrêta près de la porte en jetant des regards prudents en direction de la ruelle. "

 Ce que j'en pense :

Ce livre paru en 1962 décrit parfaitement la chape de plomb qui existait dans l'Espagne franquiste. Silences, non-dits, vengeance, culpabilité, réalisme social... et puis : chaleur, humidité, odeur de poisson... mais également : écriture, intrigue, personnages... tout cela fait de ce roman noir un très bon livre.

  

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