• Le grand écrivain finlandais Arto Paasilina est mort le 15 octobre 2018. Il a écrit 35 romans dont :

    Le Lièvre de Vatanen.
    Le Meunier hurlant
    Le Fils du Dieu de l’orage
    La Forêt des renards pendus
    Prisonniers du paradis
    La Cavale du géomètre
    La Douce empoisonneuse.
    Petits suicides entre amis
    Un homme heureux
    Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen
    Le Cantique de l'apocalypse joyeuse
    Les Dix Femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi

    Mort de l'écrivain Arto Paasilina

     

    Il a construit une oeuvre très originale avec des personnages assez singuliers. Il est particulièrement connu pour son sens de l'humour plutôt burlesque et assez souvent grinçant.

    « Les Finlandais ne sont pas pires que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j’aie de quoi écrire jusqu’à la fin de mes jours. »

     ... Et bien voilà, c'est fait !

     


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  • Les yeux ouverts Propos sur le temps présent

    "Les yeux ouverts Propos sur le temps présent" de Jean Pierre Siméon - Le Passeur

    Présentation de l'éditeur :

    Il y a certes bien des façons d'agir quand, citoyen alerté, on juge mauvais le cours des choses et en péril les valeurs essentielles d'humanité : manifester dans la rue, militer dans des associations ou des partis politiques, lancer des pétitions... Je ne suis jamais dérobé pour ma part à ce genre de nécessités. Mais je suis poète et contrairement à de vieux préjugés à la peau dure qui veulent que la poésie soit hors du monde, je considère que le poète qui tient parole a son mot à dire sur la marche du monde, ni plus ni moins que les sociologues, psychologues, politologues et autres machinologues en tout genre... La parole du poète n'est sûrement pas meilleure ni plus avisée que les leurs mais, nourrie de l'effort de conscience et de l'exigence d'une langue libre et indocile qui sont ses caractères fonciers, elle est peut-être autre. Parole intempestive, intransigeante autant que fraternelle, elle peut, révolte d'âme, rappeler, au-delà des débats de circonstance, qu'en toutes choses doit prévaloir sans compromis le vœu d'une humanité ouverte et affranchie de ses peurs. 

    Extrait :

    "Éloge du bistrot

    Je le dis tout net, je ne crains ni les sarcasmes ni les froncements de sourcils, je suis un amateur, un collectionneur, un spécialiste, un entiché du bistrot. Oui-da, vous m'avez bien lu, du bistrot, du bistrot dans tous ses états, troquet minable ou café rupin, caboulot louche ou bar à snobs, sombre taverne ou pub branché, boui-boui de quartier ou brasserie chic, tout m'est égal plaisir, tout m'est confort.

    Qu'on ne se méprenne pas pourtant, je suis plus sobre qu'un grain de sable du Sahel : au bistrot, je ne vais pas pour boire. C'est autre chose. Je tiens le bistrot pour une des plus heureuses inventions de l'homme et j'en veux faire ici l'éloge convaincu, ému, reconnaissant.

    D'ailleurs, j'écris ces lignes sur une table du Richelieu entre deux portes ouvertes sur une charmante nuit d'octobre, face à un peuple de chaises vides dont je devine les confidences goguenardes. C'est qu'elles savent ces chaises-là ce que pèse un homme. Oh, je ne parle pas du poids des corps dont le souci n'intéresse que notre vanité, je parle de ce poids de joies, de colères, d'inquiétudes, d'espoir, de détresse et d'ennui…"

    Ce que j'en pense :

    Une succession de chroniques (qui malheureusement ne sont pas datées) avec la verve, l’humour, l’intelligence, la malice et le talent que l’on connaît à Jean Pierre Siméon. Tous les textes ne se valent pas, bien sûr, mais c’est un livre qui fait du bien. On y apprécie la grande culture de l’auteur, son humanité et son amour de la poésie.

    Les yeux ouverts Propos sur le temps présent

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  • Une croix sur l'enfance

    "Une croix sur l'enfance en Vendée"  de Jean Pierre Sautreau - Geste

    Présentation de l'éditeur :

    Je viens d’avoir 11 ans cet avril 1960, et j’apprends que je vais partir au Séminaire de Chavagnes-En-Paillers rejoindre des dizaines d’autres enfants. Comme eux, on m’a découvert la vocation sacerdotale. J’ai soi-disant reçu un mystérieux appel à être prêtre. En réalité, cette élection ne résulte ni d’un événement extraordinaire, ni d’un choix personnel, mais de la conjuration d’adultes : enseignant, abbés de la paroisse, recruteur spécial autour du bon élève d’une famille catholique modèle plus ou moins subjuguée.

    Je deviens ainsi l’agneau sacrifié d’une Église en mal de troupes pour assurer son développement. Mon enfance va m’être arrachée, ma singularité piétinée. Je vais connaître l’humiliation et la souillure, la solitude et la mélancolie avant d’être chassé six ans plus tard du troupeau et revenir vers des parents déçus et incompréhensifs. Bousculé dans ma construction d’être, privé notamment d’adolescence, je resterai marqué à vie par ces années, blessé en particulier par la distension du lien avec une mère qui m’a alors laissé partir.

    Extrait :

    "Séminaire, le mot funeste est dans l'en-tête du feuillet que ma mère me déplie début août. Le mot du printemps totalement gommé par l'enivrante parenthèse de juillet. Le courrier du Petit séminaire De Chavagnes-en-Paillers détaille les modalités de ma rentrée mi-septembre, les conditions pécuniaires de ma pension, liste le trousseau et les fournitures nécessaires. Cette fois je dégringole de ma marelle. Je reste planté bêtement. Les anneaux se resserrent. Je découvre qu'on m'a inscrit dans cet établissement dans la foulée de ma retraite pascale. La décision a été forcément prise conjointement entre la paroisse et mes parents. Pourquoi ne m'ont-ils rien dit? Ont-ils été manœuvrés? Ont-ils simplement donné leur bénédiction ou épousent-ils la flatteuse vaticination de ce Monseigneur à la pince alerte? Aucun mot, aucune larme, je suis totalement pris de court, décontenancé. Je ne sais pas même rebondir au t'as l'air surpris que ma figure, sans doute défaite, inspire à ma mère. Je file dans le jardin auprès du vieux cerisier boursouflé et gommeux. Je n'ai pas de chambre où laisser aller ma douleur, mon lit est toujours parmi eux. Je n'ai pour refuge que cet arbre cabane.

    J'ai onze ans et je ne veux pas être différent des autres. J'ai onze ans et je me vois comme les autres."

    Ce que j'en pense :

    Un livre qui démonte de manière implacable cette « chasse aux vocations » organisée par l’église catholique de Vendée dans les années 1960. L’auteur démontre comment des parents aimants peuvent ainsi confier un enfant à une « machine à broyer l’esprit » et surtout comment on peut réussir à imposer le silence pendant autant d’années. On retrouve bien sûr dans ce livre la plume ciselée et riche de Jean Pierre Sautreau.

    Un livre puissant, indispensable pour comprendre le poids de l'église dans ces années, en particulier en milieu rural.

     Une croix sur l'enfanceUne croix sur l'enfanceUne croix sur l'enfanceUne croix sur l'enfance

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  • Qui a tué mon père

    "Qui a tué mon père" de Edouard Louis - Seuil

    Présentation de l'éditeur :

    « L’histoire de ton corps

    accuse l’histoire politique. »

    Édouard Louis a publié deux romans, En finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violence, qui ont été traduits dans une trentaine de langues.

    Première page :

    "Si ce texte était un texte de théâtre, c’est avec ces mots-là qu’il faudrait commencer : Un père et un fils sont à quelques mètres l’un de l’autre dans un grand espace, vaste et vide. Cet espace pourrait être un champ de blé, une usine désaffectée et déserte, le gymnase plastifié d’une école. Peut-être qu’il neige. Peut-être que la neige les recouvre petit à petit jusqu’à les faire disparaître. Le père et le fils ne se regardent presque jamais. Seul le fils parle, les premières phrases qu’il dit sont lues sur une feuille de papier ou un écran, il essaye de s’adresser à son père mais on ne sait pas pourquoi c’est comme si le père ne pouvait pas l’entendre."

    Ce que j'en pense :

    Livre trop court, qui se veut percutant (et qui l’est parfois). Il y a des émotions dans ces relations père/fils mais cela passe vite et n’atteint jamais la profondeur du livre de Didier Eribon. L’analyse politique qui vient se plaquer sur les dernières pages parait plutôt sommaire.

    Qui a tué mon père

    Qui a tué mon père

     

     

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  • Mamie Luger

    "Mamie Luger" de Benoit Philippon - Les Arènes

    Présentation de l'éditeur :

    Six heures du matin, Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures, l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger passe aux aveux et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave.
    Alors aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée, mais il sent qu’il va falloir creuser. Et pas qu’un peu.

    Première page :

    "6h08

    Blam ! Blam !

    Berthe recharge. Ses membres tremblent. Beaucoup d'émotions pour une vieille de cent deux ans. Elle pense à sa camomille qui prend la poussière sur l'étagère de sa cuisine et se dit qu'elle s'en ferait bien une tasse. Les sirènes qui résonnent au loin ne sonnent peut-être pas encore le glas, mais reculent inéluctablement la perspective du réconfort d'un bon pisse-mémère.

    De Gore gît à quelques pas de la niche de son chien. Du sang autour de lui. Il a un trou dans le dos, un autre dans le cul, en plus de l'officiel. Merde, elle y a peut-être été un peu fort. Berthe ne l'a jamais aimé, de Gore. Le digne descendant de sa raclure de père. Elle ne pensait pas pour autant qu'il finirait au bout de son canon. Même si l'idée l'a souvent titillée.

    Rien de ce qui est arrivé ce matin n'était prémédité. Roy et Guillemette avaient besoin d'un moyen de locomotion et de temps, et Berthe s'apprêtait à leur procurer les deux. À son âge, on ne peut plus…"

    Ce que j'en pense :

    On retrouve la petite vieille du roman précédent de Philippon « Cabossé ». On retrouve également la même plume truculente de l’auteur (on pense toujours à Audiard). Mais cela passe moins bien que dans le premier livre, il y a un essoufflement, une lassitude après les deux tiers du livre.

    Mamie Luger

    Mamie Luger

     

     

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  • Le cœur de Berlin

    "Le cœur de Berlin" de Elie Maure - Les allusifs

    Présentation de l'éditeur :

    Simon ne vit que pour le temps qu’il consacre à l’écriture et au vélo. À la mort de son chien, ses repères s’effritent, et lentement remonte à la surface le souvenir de Béatrice, sa sœur depuis longtemps disparue et dont il était autrefois si proche. Convaincu qu’elle se trouve encore quelque part, il décide de retrouver sa trace et de refermer le cercle d’injustice créé autour d’elle. Il trompe l’ennui d’un été caniculaire en reconstituant le vénéneux récit familial à travers ses souvenirs et l’évocation de son enfance vécue en Algérie. Mais il se lance aussi dans une quête plus profonde, celle de l’identité qu’un fils construit à partir d’un père qu’il ne connaît pas.
    De choses tues en révélations, de personnages brisés en êtres dédiés à la vie, Le cœur de Berlin brosse dans un style intimiste et émouvant un portrait cru du mal parfois fait aux siens, du désir d’exister et des conséquences du mensonge.

    Première page :

    "ÉTÉ

    J écris un livre pour y cacher mes pensées. Ma sœur est comme un astre noir, j'essaie de le regarder mais je n'y vois que de l'obscurité. Cette nuit m'envahit et crée autour de moi une densité dont je n'arrive plus à me détacher. J'erre dans l'été comme un Inuit dans une immensité glacée, je parcours la ville à vélo et il me semble qu'il s'agit toujours de la même rue. Je vois les arbres, les érables généreux qui ploient vers moi et, m'enfonçant dans ce tunnel vert, je fixe cet asphalte que je déteste si ce n'est quand il est lisse et sec et que j'entends à peine le crissement de mes pneus. J'avance aveuglément avec cette crainte constante que le mal paralyse à nouveau mes jambes et je redoute ce poison insidieux qui s'infiltre dans mes muscles alors que des sources dont j'ignorais l'existence se mettent à jaillir et répandent le liquide de l'inertie sous mes sens affolés. Je pédale plus rapidement, profitant de chaque accélération pour échapper au sort qui m'attend, mais mes cuisses s'engourdissent déjà et je pousse sur chaque pédale avec bientôt des jambes de bois. Il fait chaud, c'est la belle saison, je ne l'oublie pas, les gens sont légers et moi plus profondément malheureux que je ne l'ai jamais été. Je me dirige vers le quartier de Verdun et délaissant la piste cyclable du canal de Lachine devant le pont piétonnier qui mène au marché…"

    Ce que j'en pense :

    Ce n’est pas un livre qui se lit facilement. On sent bien qu’il y a le poids de lourds secrets mais c’est volontairement lent, comme si l’auteure réservait les révélations pour la fin… et c’est ce qu’elle fait ! J’ai lu d’autres romans plus forts sur le même thème (et par des auteurs québécois). Reste quand même une belle description d’une presque impossibilité à vivre lorsque les non-dits commencent à se révéler.

    Le cœur de Berlin

    Le cœur de Berlin

     

     

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  • La vraie vie

    "La vraie vie" de Adeline Dieudonné - L'Iconoclaste

    Présentation de l'éditeur :

    C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
    Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

    D’une plume drôle et fulgurante, Adeline Dieudonné campe des personnages sauvages, entiers. Un univers acide et sensuel. Elle signe un roman coup de poing.

    Première page :

    "À la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres. 

    Des daguets, des sangliers, des cerfs. Et puis des têtes d’antilopes, de toutes les sortes et de toutes les tailles, springboks, impalas, gnous, oryx, kobus… Quelques zèbres amputés du corps. Sur une estrade, un lion entier, les crocs serrés autour du cou d’une petite gazelle. 

    Et dans un coin, il y avait la hyène. 

    Tout empaillée qu’elle était, elle vivait, j’en étais certaine, et elle se délectait de l’effroi qu’elle provoquait dans chaque regard qui rencontrait le sien. Aux murs, dans des cadres, mon père posait, fier, son fusil à la main, sur des animaux morts…"

     

    Ce que j'en pense :

    J’ai toujours beaucoup de méfiance lorsqu’un livre fait l’unanimité dans la presse et dans la blogosphère… mais là … je m’associe au concert de louanges à la publication de ce premier roman d’une auteure belge (il y a quand même beaucoup de gens talentueux chez les belges !). Je n’ai pas pu lâcher le livre avant la fin. C’est une écriture magnifique à la fois pleine d’humour, d’inventions et de forces. On se dit, après avoir lu une dizaine de pages, que ça ne va pas pouvoir tenir avec cette énergie jusqu’au bout… et bien si, ça tient ! C’est un conte sauvage, initiatique, drôle, cruel, sensuel, poétique, sombre… (et on pourrait ajouter d’autres adjectifs pour monter la richesse de ce livre). 

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  • Le jour d'avant

    "Le jour d'avant" de Sorj Chalandon - Le livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    « Venge-nous de la mine, avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis. À sa mort, mes poings menaçant le ciel. Je n’ai jamais cessé de le lui promettre. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, mort en paysan. Venger ma mère, morte en esseulée. J’allais tous nous venger de la mine. Nous laver des Houillères, des crapules qui n’avaient jamais payé leurs crimes. »

    Suite au décès de son frère Joseph, mineur, à cause du grisou dans la fosse Saint-Amé à Liévin en décembre 1974, Michel Flavent se promet de le venger un jour et quitte le nord de la France. Quarante ans après, veuf et sans attache, il rentre au pays pour punir le dernier survivant, un vieux contremaître, et enfin tourner la page.

    Première page :

    "Joseph, mon frère

    (Liévin, jeudi 26 décembre 1974)

    Joseph, serré tout contre moi. Lui sur le porte-bagages, jambes écartées par les sacoches comme un cow-boy de rodéo. Moi penché sur le guidon, main droite agaçant la poignée d'accélération. Il était bras en l'air. Il chantait fort. Des chansons à lui, sans paroles ni musique, des mots de travers que la bière lui soufflait.

    Les hurlements de notre moteur réveillaient la ville endormie.

    Mon frère a crié.

    — C'est comme ça la vie !

    Jamais je n'avais été aussi fier.

    J'avais conduit la mobylette de Jojo une seule fois avant cette nuit-là. En rond dans notre cour de ferme, comme un cheval de manège empêché par sa longe. Il avait acheté cette Motobécane pour remplacer la vieille Renault qu'il n'utilisait plus. Il ne réparait pas sa voiture, il la ranimait. Et la laissait vieillir le long du trottoir."

    Ce que j'en pense :

    C’est un roman qu’on lit avec beaucoup d’émotion. Chalandon a vraiment beaucoup de talent pour nous faire pénétrer dans cet univers des corons, dans ce monde des mineurs. Il sait aussi nous réserver des surprises et des rebondissements… Il faut lire les romans de Chalandon !

    Le jour d'avant

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  • Comme un lundi

    "Comme un lundi" de Thomas Vinau - La fosse aux ours

    Présentation de l'éditeur :

    Avec délicatesse et poésie, Thomas Vinau chante « la petite fumée de nos vies ». Il cherche le mot juste pour dire la solitude des matins gris, la lassitude des jours qui se ressemblent, puis, comme un éclair, la beauté d'un instant suspendu.

    Ses poèmes en prose sont à la fois mélancoliques et lumineux.
    Lire Thomas Vinau c’est porter un regard différent sur les choses et les situations du quotidien. C'est se laisser entraîner dans une rêverie poétique, des textes courts où les émotions se chevauchent, nous faisant passer du sourire à la profondeur.

    Extrait :

    "Nous

    Dire la glace sur ta joue. Nos discussions et nos partages. Mes colères ridicules. Nos petits riens. Nos pieds sales. Tes danses sauvages. Dire le vent dans les arbres. Et les jets d'eau. Et les moineaux qui s'y baignent. Et la lumière sur les pierres de la terrasse. Dire les jouets qui ruminent à l'ombre. Le Polux à roulettes. le ballon Spiderman. le Tigrou dans la poussière. Dire les araignées. Les plantes grasses qui tombent. Nos orteils dans les mauvaises herbes. La piqure de moustique qui trône entre tes seins. Puisque Avoir c'est Perdre et que le temps est un menteur, je note les éclats de rire, les tomates-cerises, les gouttes de sueur. Nous n'avons pas peur de la peur. Nous bricolons à petits pas. Nous sommes fourmis dans le broyeur et peut importe où va l'égout. Sur notre bouchon de fortune, nous savons ce que veut dire nous.  Nous plaignons ceux qui ne savent pas."

    Ce que j'en pense :

    Poèmes en prose avec du quotidien souvent banal. Vinau nous aide à voir ce qui souvent nous échappe. On se demande comment on a pu éviter cette poésie de l’ordinaire. Voilà un livre qui fait du bien !

    Comme un lundi

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  • La petite gauloise

    "La petite gauloise" de Jérôme Leroy - la manufacture de livres

    Présentation de l'éditeur :

    Dans une grande ville de l'Ouest, le temps est suspendu et l'on s'attend au pire. Enfin, si seulement on savait à quoi s'attendre... Mais il aurait fallu que l'indic parle plus tôt. Ou que le flic auquel il s'est confié avant d'être descendu ne soit pas lui aussi tué par erreur. Il aurait fallu que les types qui préparent le coup ne se retrouvent pas éparpillés aux quatre coins de la ville, planqués dans des caves et des entrepôts. Il aurait fallu que cette affaire là ressemble à ce que l'on connaît. Seulement qui pouvait prévoir que tout repose entre les mains d'une gamine encore au lycée, de cette petite gauloise mystérieuse et prête à tout pour que sa vie ait un sens. Après Le Bloc et L'Ange gardien, Jérôme Leroy, subtil observateur des dérives politiques et identitaires de notre société, nous offre un nouveau roman incisif et troublant.

    Première page :

    "La raison pour laquelle la tête du capitaine de police Mokrane Méguelati, de l'antenne régionale de la Direction générale de la sécurité intérieure, vient d'exploser sous l'effet d'une balle de calibre 12, sortie à une vitesse initiale de 380 mètres par seconde du canon de 51 cm d'un fusil à pompe Taurus, fusil lui-même tenu par le brigadier Richard Garcia, policier municipal, est sans doute à chercher dans des désordres géopolitiques bien éloignés de la banlieue caniculaire qui surplombe cette grande ville portuaire de l'Ouest, connu pour son taux de chômage aberrant, ses chantiers navals agonisants et sa reconstruction élégamment stalinienne après les bombardement alliés de 1944."

    Ce que j'en pense :

    C’est plein d’ironie assez mordante et parfois féroce mais pour moi c’est toujours clairvoyant. Il faut bien sûr rentrer dans l’écriture de Jérôme Leroy qui se situe souvent entre humour et désespoir. La vie dans le lycée, les personnages de profs, d’écrivain, d’élèves… sont parfaitement décrits. Très grand roman noir (plutôt court : 140p).

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