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    Plateau

    "Plateau" de Franck Bouysse - Le livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    Plateau de Millevaches. Judith et Virgile tiennent une petite ferme dans un hameau. Le couple a élevé Georges, un neveu dont les parents sont morts dans un accident de la route quand il avait cinq ans. Il vit dans une caravane tout près de chez son oncle et sa tante. Lorsqu'une jeune femme vient s'installer chez lui, lorsque Karl, ancien boxeur tiraillé entre pulsions sexuelles et croyance en Dieu, emménage dans une maison du même village, et lorsqu'un mystérieux chasseur sans visage rôde alentour, les masques s'effritent et des coups de feu résonnent sur le Plateau.
    Une écriture ciselée pour exprimer la rudesse du paysage et la profondeur des caractères. Comme Grossir le ciel, noir et bouleversant.

    Première page :

    " Cet endroit, on s’y jette avec dévotion. On s’y perd, aussi, guidé par l’instinct, quelque chose de sacré. Quand les voix se muent en mortelles suppliques et les chants en discours primitifs. Un endroit où se tenir debout, dans l’orgueilleuse posture de l’initié. Un endroit où le monde s’arrête chaque jour pour des armées d’êtres vivants incapables d’en imaginer un autre, et si quelque fou avait l’idée d’y bâtir une ville, il s’en trouverait toujours un pour sculpter sa propre folie dans le tronc d’un chêne centenaire, et remiser l’âme égarée dans la profondeur des enfers.

    Un endroit où l’on prie encore à l’édification d’une simple maison de pierres grises parfumées de torchis, et même qu’on n’en voudrait à personne que des dieux anciens se risquent à émettre un avis contraire. On s’en remettrait à eux sans discussion. Car aucun homme sain de corps et d’esprit n’est en mesure d’offrir quoi que ce soit à cette terre et, prenant conscience d’une telle évidence, il peut y demeurer, la servir en quelque manière, chevaucher les montagnes, dépenser un bonheur asservi durant le temps d’une existence, et puis pourrir dans la vallée."

    Ce que j'en pense :

    On retrouve bien sûr la façon qu’a l’auteur de nous mettre au cœur d’un paysage plutôt rude, de nous montrer des personnages taiseux, complexes, secrets mais souvent sympathiques. Reconnaissons toutefois que l’arrivée du personnage du chasseur parait un peu étonnante et peu crédible. L’écriture est toujours aussi riche, poétique. Mais il y a quelque chose qui pourrait lasser, comme si l’auteur avait tiré le bon filon. On ne retrouve que rarement la force et la puissance de « Grossir le ciel ». Sans doute faut-il éviter de lire trop de Bouysse à la suite.

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