• Le verger de marbre

    Le verger de marbre

     "Le verger de marbre" de Alex Taylor - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    En plein Kentucky rural, la Gasping River déploie son cours au milieu des falaises de calcaire et des collines couvertes de champs de maïs et de soja. Un soir où il remplace son père, qui conduit le ferry parcourant la rivière dans les deux sens, le jeune Beam Sheetmire tue un passager qui tente de le dévaliser. Mais sa victime est le fils de Loat Duncan, puissant homme d’affaires local et assassin sans pitié. Toujours accompagné de ses chiens menaçants, Loat est lui-même porteur d’un lourd secret concernant le passé de Beam. Aidé par son père, le jeune homme prend la fuite, tandis que Loat et Elvis, le shérif, se lancent à ses trousses.

    Le Verger de marbre est un thriller littéraire à la prose incandescente dans la veine des grands textes sudistes de Cormac McCarthy ou Daniel Woodrell. Ce premier roman hypnotique est une inoubliable descente au cœur des ténèbres.

    Première page :

    "Beam y croyait à présent.

    Debout dans l'ombre brûlante du sycomore qui se répandait sur l'herbe épaisse battue par le vent, il observait les tables de pique-nique alignées avec leurs nappes blanches chargées de plats et de cocottes - œufs mimosa, viandes en sauce, corbeilles de petits pains et tranches de pain de maïs, bols de soupe de haricots, poisson grillé et dinde grillée et filets de cerf grillé, l'enfilade de tables remontant la pente légère pour disparaître dans le vieux grenier à tabac, sans toit et désaffecté depuis des dizaines d'années, avant de ressortir par la porte de derrière, le buffet tout entier envahi par une nuée de moucherons et de mouches noires, poussière frénétique dans la brume pâle du ciel - et il croyait à présent les rumeurs qu'il avait entendues pendant des années sans leur apporter crédit: qu'il n'était pas un Sheetmire parce qu'un autre sang fiévreux rugissait dans ses veines.

    Il était avec sa mère et son père. Personne ne leur avait parlé depuis leur arrivée dans le pick-up familial, un GMC rouillé beige et vert olive que son père nommait Old Dog. Ils attendaient à côté du véhicule, Clem caressant la benne cabossée en broyant du noir, Derna adossée à la porte passager, bras croisés sur la poitrine. Beam gardait le silence, une basket calée sur un pneu lisse à l'avant du pick-up, observant la file de cousins descendre la rangée de tables pour remplir leur assiette, une série de Sheetmire copies conformes les uns des autres: tête épaisse, cou rentré, grandes joues plates, lèvres charnues et menton imberbe suggérant une pointe de sang cherokee ou peut-être chickasaw."

    Ce que j'en pense :

    Encore un livre de chez Gallmeister qui se passe dans les tréfonds d'une campagne américaine assez cauchemardesque. L'auteur y a reconstitué une sorte de tragédie grecque avec des personnages très noirs, très violents et quelques innocents. Bien sûr on suit l'intrigue jusqu'au bout même si la fin nous laisse un peu dubitatif. Mais ce livre n'a vraiment rien à voir avec du Ron Rash par exemple, ou du Cormac McCarthy; et c'est le style qui fait l'énorme différence. Ici il y a beaucoup trop d'adjectifs, comme si l'auteur voulait en rajouter dans le "rural noir", parce que c'est vendeur.

    Le verger de marbre

     

     

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