• L'abattoir

    - Nouvelles

    "l'abattoir (el matadero)" - Esteban Echeverria
    précédé de "Esthétique de l'abattoir" par Alberto Manguel
    traduction François Gaudry - L'Escampette

    Présentation de l'éditeur :

    L'abattoir d' Echeverria est le portrait digne de foi d'un tyran, mais aussi un témoignage contre toute tyrannie. De même que le Waterloo partiel de Fabrice éclaire la banalité et le chaos de toute guerre ou que l'inexplicable procès de K accuse le cauchemar métaphysique de la bureaucratie judiciaire, de même cet infernal abattoir illustre l'abus de pouvoir et la stupidité que cet abus encourage. (...) La tyrannie n'admet pas les critiques. Quiconque s'oppose à l'abattoir devient sa victime, car l'abattoir ne souffre ni interlocuteur ni adversaire. Le lecteur contemporain pense aux tyrannies classiques du siècle passé - l'Allemagne du Troisième Reich, la Russie de Staline, le Cambodge des Khmers rouges - mais aussi aux contaminations plus discrètes, plus particulières, comme celles qui ont lieu quotidiennement en Chine ou en France aujourd'hui, où le besoin d'imposer une discipline civique prétend justifier les abus d'une violence étatique de plus en plus impunie.

    Première page :

    "Ceci a beau être une histoire, je ne commencerai ni par l'arche de Noé ni par la généalogie des personnages comme le faisaient autrefois les historiens espagnols de l'Amérique, qui doivent nous servir de modèles. Bien des raisons m'incitent à ne pas suivre cet exemple, mais je les tairai pour ne pas paraître diffus. Je dirai seulement que les événements de mon récit eurent lieu dans les années 183... Nous étions en plein carême, époque de l'année où la viande se fait rare à Buenos Aires, car l'Église, adoptant le précepte d'Épictète, sustine, abstine, (souffre, abstiens-toi), prescrit aux estomacs des fidèles de faire maigre et abstinence, car la chair est peccamineuse et appelle la chair, dit le proverbe. Et comme l'Église, ab initio et par délégation directe de Dieu, exerce son empire immatériel sur les consciences et les estomacs, lesquels n'appartiennent que dans une certaine mesure à l'individu, rien de plus juste et de plus rationnel qu'elle prohibe ce qui est mauvais."

    Ce que j'en pense :

    Par un auteur argentin du 19ème siècle, un petit texte magnifiquement écrit qui illustre la tyrannie, l'abus de pouvoir.

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