• Des arbres à abattre

    Des arbres à abattre

    "Des arbres à abattre" de Thomas Bernhard - folio

    Présentation de l'éditeur :

    Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : tel est le cri du cœur (et le cri de guerre) que ne peut s'empêcher de pousser le comédien du Burgtheater au cours du dîner artistique donné en son honneur, à l'issue de la première du Canard sauvage, par les époux Auersberger, représentants on ne peut plus typiques de cette société artistique viennoise que l'auteur-narrateur abhorre et avec laquelle il se flatte d'avoir rompu une bonne fois pour toutes quelque trente ans auparavant.
    Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : parole emblématique opposant à une réalité monstrueusement tangible de l'artifice social le rêve d'un état naturel révolu (et peut-être à réinventer), mais aussi formule magique susceptible de calmer la formidable irritation qui gagne le narrateur au contact renouvelé de cette épouvantable société artistique viennoise qu'il s'était juré de fuir à jamais et à laquelle il est bien forcé de constater qu'il n'a pas cessé d'appartenir.

    Première page :

    "Tandis qu'ils attendaient tous le comédien qui leur avait promis de venir dîner chez eux, dans la Gentzgasse, vers onze heures trente, après la première du Canard sauvage, j'observais les époux Auersberger, exactement de ce même fauteuil à oreilles dans lequel j'étais assis presque chaque jour au début des années cinquante, et pensais que c'avait été une erreur magistrale d'accepter l'invitation des Auersberger. Pendant vingt ans, je n'avais plus vit les époux Auersberger, et voilà que le jour même de la mort de notre amie commune Joana, comme par hasard, je suis tombé sur eux au Graben et j'ai accepté sans hésiter de me rendre à leur dîner artistique comme les époux Auersberger ont appelé leur souper. Pendant vingt ans, je n'ai plus rien voulu savoir des époux Auersberger, et pendant ces vingt ans, j'avais eu la nausée rien que d'entendre leur nom prononcé par des tiers, pensai-je dans le fauteuil à oreilles, et voilà maintenant que les époux Auersberger me confrontent avec leurs et avec mes années cinquante. Pendant vingt ans, j'ai fait en sorte de ne pas me trouver sur le chemin des époux Auersberger, en vingt ans, je ne les ai pas rencontrés une seule fois, et c'est juste maintenant, comme par hasard, qu'il a fallu que je tombe sur eux…"

    Ce que j'en pense :

    C’est un réquisitoire sans appel de la « bonne société culturelle » de Vienne, dont l’auteur faisait lui-même partie. Tout parait dérisoire dans ce monde « artistique ». L’écriture est pleine de rage, d’ironie et d’humour.  Ce livre gagne beaucoup à être lu à voix haute en se laissant emporter par la parole impétueuse de Thomas Bernhard.

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