• A la mesure de nos silences

    A la mesure de nos silences

    "A la mesure de nos silences" de Sophie Loubière - fleuve

    Présentation de l'éditeur :

    Jamais Antoine n'aurait pensé que son grand-père puisse agir ainsi : il y a quelques heures à peine, l'adolescent sortait du lycée, s'apprêtant royalement à rater son bac. Kidnappé par papi à bord d'un vieux coupé Volvo, il roule à présent vers l'inconnu, privé de son iPhone. 
    À 82 ans, François Valent, journaliste brillant, aura parcouru le monde et couvert tous les conflits du globe sans jamais flancher. S'il a conclu un marché avec son petit-fils, c'est pour tenter de le convaincre de ne pas lâcher ses études. 
    Mais ce voyage improvisé ne se fera pas sans heurts. La destination vers laquelle le vieil homme conduit Antoine – la ville de Villefranche-de-Rouergue, où il a grandi – a ce parfum particulier du remords. C'est là que l'enfance de François a trébuché. Lors d'un drame sanglant de la Seconde Guerre mondiale dont l'Histoire a gardé le secret. 
    À la fois quête du souvenir et voyage initiatique, cette échappée belle les révèlera l'un à l'autre. La vraie vie n'est jamais là où on l'attend.

    Première page :

    "Charriée par le vent, la clameur des enfants dans la cour d'une école ravivait des souvenirs de craie et d'encrier. Les cyprès tendaient la pointe de leur cône effilé comme une flèche, narguant les nuages d'éternité. A la limite de propriété, le cerisier frémissait sous la brise et ployait sur le sol des branches chargées de fleurs aux cœurs d'or parfumés.
    Un vieil homme étendu près de l'arbre opposait son immobilité aux bruissements du feuillage. Mille étoiles palpitaient sous ses paupières et fuyaient s'il tentait d'en suivre la trajectoire. Une petite chienne virevoltait autour de lui ; ses jappements insistants l'éveillèrent enfin. Le vieil homme froissa l'herbe sous ses paumes, porta une main à son visage. Du sang coulait doucement d'une plaie ouverte à la racine des cheveux. Il repoussa la truffe minuscule. Grogna. Palpa la peau sous le chandail - là où s'écrivait une cicatrice verticale. Il parvint à s'asseoir, un poing contre le cœur. La brouette avait chaviré avec lui, déversant son contenu sur le gazon. La fourche à bêcher tenait encore au garde-à-vous, mordant la terre, cette terre plus dense à cet endroit comme pour signifier que rien n'était donné sans effort, que le monde se résumait à l'accomplissement d'une tâche. Du haut de leurs tiges, les iris tiraient des langues velours à l'élève infortuné ;…"

    Ce que j'en pense :

    C'est un roman qui chemine lentement, avec beaucoup de sensibilité, dans les traces d'un passé (l'histoire tragique de cette division de l'armée allemande constituée de musulmans croates). C'est aussi l'histoire d'une rencontre entre un grand père et son petit fils qui montre qu'il n'est jamais trop tard (ni trot tôt) pour se réconcilier avec la vie.

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