•  "Ces morts heureux et héroïques" de Luke Mogelson - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    Un vétéran cherche à reconquérir sa femme et part la retrouver chez ses parents, là où elle s’est réfugiée après qu’il l’a frappée. Une mère célibataire fait de longs trajets pour aller voir son fils en prison – il a tué un homme d’un coup de poing lors d’une permission. Un infirmier de retour de mission élit domicile dans un réduit de l’arsenal de la garde nationale de New York, incapable de rentrer chez lui. Un journaliste raconte sa vie en Afghanistan, entre ironie et désespoir, avant qu’une bombe ne fasse sauter le café dans lequel il se trouve.

    En dix histoires subtilement liées les unes aux autres, Luke Mogelson dépeint les conséquences de la guerre sur les combattants et les civils, et la manière dont la violence subie ou infligée à l’autre bout du monde se répercute jusqu’aux États-Unis.

    Première page :

    "Bill avait été colonel dans l’armée américaine, mais il n’y avait qu’un seul chef dans la famille. Chaque fois que je téléphonais, j’entendais ses murmures maléfiques empoisonner l’oreille de Bill. “Encore ?” disait cette femme, Caroline. Puis la baie vitrée s’ouvrait dans un souffle, se refermait dans un claquement – un repli sur la terrasse – et Bill disait : “Calmez vous” ou “Vous avez été à une réunion aujourd’hui ?” Bill dehors dans la neige, observant les femelles au-dedans, main levée en un geste du type “Je maîtrise la situation”.

    Ça faisait près d’un mois que Lilly habitait chez ses parents, une maison en bord de lac dans le Vermont. Elle était partie après qu’on eut cassé la fenêtre – après que j’eus cassé la fenêtre d’un coup de poing. Ça n’avait pas été beau à voir : les ambulances et la police, les voisins inquiets qui affluaient en robe de chambre. Je l’avais laissée partir. Je savais que Caroline – qui, aujourd’hui encore, j’en suis sûr, reste persuadée que j’ai frappé Lilly – ferait tout ce qu’elle pourrait pour la détourner de moi. Mais je faisais confiance au colonel. Bill avait été soldat en temps de paix – ses vingt ans à lui étaient tombés en plein dans la période idyllique entre Vietnam et Tempête du désert – et dans son esprit, pour une raison ou une autre, il avait contracté une dette dont il ne s’était jamais tout à fait acquitté.

    Il n’y avait pas de réseau à la maison du lac ; chaque fois que j’appelais le fixe, Bill décrochait, disait que Lilly n’était pas prête à me parler."

    Ce que j'en pense :

    10 nouvelles que j’ai trouvées inégales, bien qu’elles tournent toutes autour du même sujet : la guerre et ses séquelles sur l’homme. L’écriture très « particulière » de l’auteur y est sans doute pour quelque chose. Une nouvelle est nettement au dessus du lot, il s’agit de « Visites ». Quelques autres sont intéressantes :"Du bar", "Proche est le port"

     

     

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